Une ville de pavillons : ce qu’il faut surveiller

Le paysage pessacais est largement résidentiel, avec de nombreux quartiers pavillonnaires construits au fil du XXᵉ siècle. On y trouve surtout de la tuile canal, présente sur les maisons les plus traditionnelles, et de la tuile mécanique, souvent de type romane ou à emboîtement, sur les pavillons plus récents.
Beaucoup de ces maisons ont été couvertes sans écran sous toiture : lorsqu’une tuile se casse, l’eau arrive directement sur l’isolant ou le plafond. Dans les constructions des dernières décennies, la charpente est souvent composée de fermettes industrielles, légères et efficaces, mais qu’il ne faut jamais couper ni modifier sans avis d’un professionnel, par exemple pour aménager les combles ou poser une fenêtre de toit. Lors d’une rénovation, c’est le bon moment pour ajouter un écran, revoir l’isolation et remplacer les accessoires fatigués (tuiles de rive, faîtières, closoirs).
Jardins arborés, pins et gouttières bouchées
Avec ses parcs, ses espaces boisés et ses jardins plantés de grands arbres, dont de nombreux pins, Pessac offre un cadre verdoyant. Pour les toitures, cette végétation a un revers. Les aiguilles de pin et les feuilles s’accumulent dans les gouttières, les noues et derrière les cheminées, jusqu’à boucher les descentes. L’eau déborde alors en façade ou s’infiltre sous les tuiles.
L’ombre des arbres, associée au climat océanique doux et humide de la Gironde, favorise aussi la pousse des mousses, qui peuvent former un véritable tapis sur les versants peu ensoleillés. Quelques gestes simples limitent les dégâts :
- faire élaguer les branches qui surplombent ou frottent le toit ;
- installer des grilles pare-feuilles sur les gouttières les plus exposées ;
- programmer un nettoyage des gouttières chaque automne ;
- faire démousser la couverture dès que les mousses s’installent, avec un produit adapté plutôt qu’un jet à haute pression.
La Cité Frugès, un patrimoine mondial aux toits plats
Pessac possède un ensemble architectural unique : la Cité Frugès, aussi appelée Quartiers modernes Frugès, construite par Le Corbusier dans les années 1920. Depuis 2016, elle fait partie des sites de l’œuvre de l’architecte inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses maisons aux volumes simples sont coiffées de toits-terrasses, à l’opposé des toitures en tuiles du reste de la commune.
Sur ces toits plats, l’enjeu est l’étanchéité : relevés, évacuations des eaux pluviales et état de la membrane doivent être contrôlés régulièrement. Le quartier étant protégé, toute intervention qui change l’apparence des maisons doit recevoir le feu vert de l’Architecte des Bâtiments de France, et il est préférable de faire appel à des professionnels habitués au bâti patrimonial. Dans le reste de la commune, passer à d’autres tuiles, modifier la teinte du toit ou percer une fenêtre de toit impose aussi de déposer une déclaration préalable en mairie.
