Ardoise et granit : l’architecture malouine

L’ardoise naturelle est de loin la couverture la plus courante à Saint-Malo, comme dans l’ensemble de la Bretagne. Posée sur des toits à forte pente, elle évacue rapidement l’eau et résiste bien aux intempéries lorsqu’elle est correctement fixée. Elle coiffe les immeubles de granit de la ville close, les villas balnéaires de Paramé et du Sillon, comme les malouinières, ces demeures d’armateurs dispersées dans la campagne autour de la ville.
Les hautes cheminées et les lucarnes en granit sont caractéristiques du bâti malouin. Elles multiplient les points de jonction entre la maçonnerie et la couverture, là où se produisent le plus souvent les infiltrations : solins, abergements et noues méritent une surveillance particulière.
En première ligne face au vent et aux embruns
Avec son climat océanique et sa situation en bord de mer, Saint-Malo est très exposée aux coups de vent et aux tempêtes venues de l’ouest. Les ardoises de rive, de faîtage et d’égout sont les plus vulnérables : une ardoise soulevée ou manquante peut laisser passer l’eau dès l’averse suivante.
Les embruns chargés de sel posent un autre problème : ils accélèrent la corrosion des fixations. C’est pourquoi, en bord de mer, les couvreurs privilégient :
- des crochets en acier inoxydable plutôt qu’en acier galvanisé ;
- des clous en cuivre ou inox pour les poses au clou ;
- une zinguerie en zinc ou en cuivre, plus durable face au sel ;
- un contrôle régulier des faîtages et des rives, les premiers à céder.
Humidité, mousses et lichens

Le climat humide et doux favorise l’installation des mousses et des lichens sur les versants au nord ou abrités. Sur l’ardoise, ils retiennent l’humidité et peuvent, à la longue, soulever légèrement les ardoises ou boucher les gouttières. Un nettoyage doux, sans nettoyeur haute pression, préserve la couverture. Profitez-en pour faire contrôler l’état de la charpente et de l’isolation des combles, souvent perfectible dans les maisons anciennes.
Rénover dans la ville close et près des monuments
L’intra-muros, largement détruit lors des combats de 1944, a été reconstruit après la guerre dans le respect de son aspect d’origine, avec des façades en granit et des toits d’ardoise. Les remparts et plusieurs édifices de la ville sont protégés au titre des monuments historiques. Aux abords de ces monuments, tout changement d’aspect de la toiture (matériau, lucarne, fenêtre de toit) nécessite une déclaration préalable et l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, qui demande en général de conserver l’ardoise naturelle. Un couvreur habitué à ces chantiers vous accompagnera dans vos démarches.
